façon étrange. A la mythologie grecque peuplée de monstres
terrifiants et de combats sanglants en passant par les
tragédies classiques où viol, meurtre, inceste et cannibalisme
étaient monnaie courante, on est passé aux plaisirs malsains
de l'arène: combats de gladiateurs, chrétiens jetés en pâture
aux lions et autres monstruosités. Quelques siècles plus tard,
les grands drames shakespeariens apportèrent leur lot de
meurtres et de cadavres. Au début de notre siècle, le
Grand-Guignol, "théâtre de l'épouvante et du rire", met en
scène des spectacles horribles où l'hémoglobine coule à flots.
Plus près de nous, des romans d'auteurs célèbres comme Edgar
Allan Poe et Stephen King ont engendré plus d'une terreur
nocturne. Il est donc parfaitement naturel que le cinéma se
soit emparé, dès ses origines, de ces représentations
dramatiques de la terreur. A cause d'une censure impitoyable,
le cinéma d'épouvante, à ces débuts, a été catalogué dans le
domaine du sous-entendu. Puis il a connu, avec l'arrivée du
parlant et surtout de la couleur, un essor formidable pour
devenir aujourd'hui l'un des genres cinématographiques les
plus populaires...
L'horreur silencieuse:
L'horreur cinématographique est apparue dès les débuts du
cinéma sans toutefois le revendiquer. Sous prétexte de vérité
historique ou documentaire, le cinéma muet nous a donné des
films avec des scènes horrifiques étonnantes dans le contexte
de l'époque:
- "Une mort de Marie Stuart" de Edmon Khun en 1893: On y voit
la première décapitation à l'écran; c'est celle de la reine
d'Ecosse. L'ensemble dure une minute sans coupures autres que
celle de la tête de la souveraine!
- "La chasse au lion" du Danois Ole Olsen (1906) dans un genre
plus documentaire décrivant le dépeçage du fauve sur une
plage.
- L'Italien Guazzoni agrémente sa version de "Quo Vadis?"
(1913) de quelques séquences horrifiques: chrétiens dévorés
par des lions, torches humaines flambant dans les jardins de
Néron, sans oublier le suicide sanglant du poète Pétrone se
tranchant les veines dans sa baignoire.
-"La Sorcellerie à travers les âges" de Benjamin Christensen
(Danemark, 1921) nous montre des nouveaus-nés jetés dans des
marmittes d'eau bouillante.


